Quel parisien pourriez-vous devenir?

Mis en rayon le 22 mar, 2012 par dans Le mot de la caissière, Passage en caisse
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Paris, trop de chansons, de films, de bouquins, pas assez de foot… La capitale, on en n’entend que trop parler. Du coup, on finit par y aller pour voir un peu ce que ça donne de plus près. Qu’on aime ou pas la vie à la grande ville impacte immédiatement notre petit moral.
Techniques d’adaptation des fraîchement débarqués sur Paris…

- Celui qui est seulement de passage.
Même au bout de deux ans de galères et de joies parisiennes il n’appartiendra jamais à la ville. Insoumis et revêche, son coeur restera en province. L’arrivée à Paris pour lui, c’était comme un accident de voiture : subi. Un premier choc (thermique), suivi de traumatismes en chaîne (l’interaction avec les parisiens, les roumains…). Paris, c’est grand, c’est gris, ça grouille. On s’y sent tout petit et la 19ème fois qu’on le bouscule sans lui dire pardon, le provincial ressent le profond besoin d’appeler sa mère. Il chie sur tout, tout le temps même sur les quelques trucs qui, avouons le, sont sympas à Paris. En réaction épidermique, le mec a des poussées régionalistes, défendant bec et ongle sa région jusqu’à faire preuve d’une mauvaise foi consternante : “c’est l’accent qui chante, c’est joli!”, “la Creuse compte parmi les plus beaux paysages de France!”, “à Paris, les gens, ils sont intrinsèquement méchants”. Et oui, car désolée monsieur, mais dans une ville de plus de 8 habitants la connasse de boulangère ne connaît pas le nom de ton chien. Mettons de l’eau dans notre vin, le mec de passage est attendrissant : il trimbale toujours avec lui un peu de soleil, de terroir, de naturel et de spontanéité. Toujours est il qu’il passe assez souvent pour un gros beauf.

Dans le pire des cas, il vrille dépressif et écrit des pamphlets délirants sur comment il va faire sauter la ligne 9 parce que c’est celle dans laquelle il y a le plus de clodos.

- Celui qui s’est laissé dépasser.

En dépit de ses horaires de travail et du temps passé dans les transports en commun, le mec qui a la tête sous l’eau n’est pas exactement un no life. Il possède et connaît Paris à sa manière. Au gré de ses déplacements, il développe une liaison à la fois intime et pratique de la ville. Sa vie est régie par trois commandements : ne pas croire aux histoires des clochards, ne pas utiliser son iPhone sur les places strapontins du métro, garder en tête que Supérette du coin < Carrefour Market < Franprix < Daily Monop’. Respecter ces règles de bases lui suffit pour survivre dans la jungle urbaine.
Stagiaire exploité, junior ambitieux, cadre débordé… tous dribblent entre leur statut d’esclave et une vie sociale éparpillée. C’est la course contre la montre et le sommeil. Après avoir élaboré chaque début de semaine un emploi du temps de ministre, quadrillé par quartier sa vie sociale et sélectionné ses heures de gym, il s’effondrera finalement sous la couette avec comme seuls alliés une série et un plat surgelé.
Dans le pire des cas, il ira jusqu’à reléguer ses besoins vitaux au rang de loisir. Les deux seules sorties qu’il s’accorde consistent en manger (d’où le succès des brunch parisiens à volonté) et boire (les tristes after work sur les Grands Boulevards).

- Celui qui commence enfin la vie, la vraie.

Il trouve un emploi, rencontre des gens ouverts, se tatoue ou devient un petit mania de la fusac’ à la Défense. Appelé à un avenir médiocre dans sa ville natale, il révèle tout son potentiel à Paris. Il apprend à lire, à avoir des opinions et des projets. Son ouvrage favori : Paris et le désert français, d’ailleurs il ne se lasse jamais d’asséner “non mais attend, Paris c’est là où ça bouge, je veux dire j’ai beaucoup d’attachement à la province mais faut être réaliste : c’est juste mort”. Son argument massue c’est le bouillonnement culturel, même si en vrai, il ne fait qu’une expo tous les quatre mois. Il a beaucoup d’attachement pour la province, oui, d’ailleurs il s’y échappe tous les week-ends pour se ressourcer et prendre l’air. A croire que Paris serait congestionnée et stressante!
Il prend très vite le pli de la vie à la capitale. C’est le connard qui, quand tu pars d’un endroit, te dit “mais trop pas, marche plutôt 18 min, tu prends la 9 à Parmentier, tu sors à Saint-Augustin, marche 3 minutes et là tu reprends la 12 à Saint Laz’ c’est archi plus simple”. Tout ça alors que tu voulais gentiment prendre un taxi.
Dans le pire des cas, il te force à prendre un Vélib’. Mais bon sang, quand est-ce que mourir de froid, être recouvert de sueur et montrer sa culotte en même temps est devenu cool?

- Celui qui surjouesavie.com.

C’est le Rastignac des temps modernes. Wannabe jusqu’à la moelle, son installation dans la capitale c’est “Paris à nous 2.0”.
Et même s’il habite dans un pittoresque 12 mètres carrés à Jaurès, et même s’il ne vit que sur les 400 boules que Chanel consent à lui déverser en indemnité de stage, et bien notre Rastignac, son kiff à lui, c’est de pouvoir marcher dans la rue, encerclé d’une foule affairée, un gobelet Starbucks à la main.
Mais il serait réducteur d’arrêter le portrait ici, car notre aspirant métropolitain c’est avant tout un grand curieux : très rapidement, il apprend le plan de la RATP par coeur, occupe ses week-ends à scrupuleusement crasher tous les endroits branchés de la ville et court de ventes privées en galeries. Son objectif non déguisé : prendre part à la ville, se fondre car paradoxalement être un anonyme parisien c’est statutaire.
Dans le pire des cas il ouvre un blog lifestyle sur son quotidien à Paris (en définitive, ça se limite à des plans “meilleurs cupcakes de Paris <3”) qu’il agrémente de photos Instagram (double effet pola/sépia).

La caissière.

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Comments (2 Réponses)

  1. Exxxlxe Lxxy dit :

    Mais qui est cette caissière?
    En général, j’aime bien les supérettes du coin, non seulement parce que c’est moins cher, mais aussi pour le contact humain que l’on tisse avec le personnel.

  2. Alicia dit :

    Superbe cette photo style vintage. Merci pour cet article

Commentaires

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