Eileen Gray | Centre Pompidou

Mis en rayon le 4 avr, 2013 par dans Billetterie

Cette semaine c’est une exposition qui allie design, mobilier, architecture et art de vivre que vous présente la Supérette. Le Centre Pompidou présente en effet la première grande rétrospective en France d’Eileen Gray, designer, décoratrice et architecte irlandaise. Une artiste de son temps au travail sensible et parfois fantaisiste, entre arts décoratifs et l’architecture moderniste, à (re)découvrir actuellement.

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Portrait d’Eileen Gray circa 1905-1910. © National Museum of Ireland, Dublin/DR

 

Cette rétrospective nous présente de manière chronologique, les grandes innovations et moments forts de la vie d’Eileen Gray (1878-1976).
Peintre de formation, elle s’installe à Paris au début du 20ème siècle. Elle s’initie tout d’abord au laque et au tissage des tapis puis bascule dans l’abstraction et crée des meubles d’inspiration cubiste. Elle commence à être considéré comme décoratrice plutôt que comme artiste, capable de créer de toutes pièces des meubles en laque, meubles en bois, tentures, lampes, divans, glaces, tapis qu’elle vend dans sa galerie Jean Désert. Un nom d’homme inventé, afin que la boutique ait toutes ses chances car n’oublions pas que nous étions en 1922 et pour la clientèle d’aristocrates et autres financiers, une femme galeriste, cela n’aurait pas fait sérieux. Beaucoup de ses clients lui demandèrent d’ailleurs s’ils pouvaient rencontrer ce si discret Jean Désert. Ce sont ces premiers objets dont le fameux paravent en briques cuites et laquées qui ouvrent cette rétrospective. Chaque pièce fut unique, avec un souci du détail et un luxe dans ce qui ne se voit pas.

L’exposition se poursuit avec l’œuvre architecturale d’Eileen Gray. Dans les années 20, elle s’intéresse à cette discipline et renouvelle la forme de ses meubles. Ces réalisations sont nombreuses, mais c’est la villa E 1027 à Roquebrune-Cap-Martin dans le sud-est de la France construite avec Jean Badovici entre 1926 et 1929 qui demeure un chef d’œuvre de l’architecture moderne. Elle imagine pour l’intérieur un mobilier fonctionnel et moderne sans être froid et agréable à la vue comme au toucher et même à l’ouie comme une table recouverte de panneau de liège pour amortir le son des couverts. Le Corbusier est l’un des premiers à reconnaître en elle l’une des pionnières de la modernité et l’invite à exposer dès 1930 ses créations (le fauteuil Bibendum hommage au personnage du même nom restera célèbre par exemple). Elle mélange des éléments qui habituellement s’opposent : le rond et le carré, des angles vifs avec des courbes et les matériaux qui parfois n’ont pas de liens entre eux (le liège, le verre et l’acier par exemple). Elle utilise différentes techniques avec beaucoup de liberté sans s’y enfermer. Ces contrastes créent de la légèreté et suppriment l’aspect monolithique que ces meubles pourraient avoir. « Etre simple et sain » est le credo de cette créatrice qui allie utilitaire fonctionnel et plaisir esthétique, poursuivant ainsi la réalisation du beau dans l’utile. Ces innovations répondent à des préoccupations de la vie quotidienne comme elle le souhaitait. Une démarche moderne et actuelle.

Le parcours de l’exposition se termine par des œuvres intimes méconnues du public (photographies, peintures, collages) ainsi qu’un entretien filmé en 1975 alors qu’Eileen Gray a 96 ans, témoignant de la traversée du siècle de cette femme exceptionnelle qui écrivit « il ne faut demander aux artistes que d’être de leur temps ».

Contemporaine de Charlotte Perriand, Le Corbusier, Jean Prouvé, Mallet Stevens, elle est restée pratiquement méconnue de son vivant. Femme mystérieuse, timide, déterminée et libre d’esprit conceptuel, ses œuvres sont aujourd’hui devenues des classiques de l’Art Déco et du Design.

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Paravent brique en bois noir laqué, 1919-1922. © DR/Centre Pompidou

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Fauteuils Transat, 1926-1929. © DR/Centre Pompidou

 

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Cabinet à tiroirs pivotants, provenant de la villa E 1027, 1926-1929 ; Fauteuil Bibendum, 1929. © DR/Centre Pompidou

 

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Table ajustable E1027, 1926-1929 ; Armoire de toilette, 1927-1929. Meubles provenant de la villa E 1027. © DR/Centre Pompidou

 

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Villa E 1027, Eileen Gray et Jean Badovici, vue de la façade sud depuis la mer, Roquebrune-Cap-Martin, 1926-1929. © DR/Centre Pompidou

 

la supérette, l’information en libre service, la-superette.fr, culture, exposition, centre pompidou, art déco, design, eileen gray, architecture, mobilier, rétrospective, villa E 1027

Villa E 1027, Eileen Gray et Jean Badovici, vue du salon. © DR/Centre Pompidou

 

INFORMATIONS

Eileen Gray
Du 20 février 2013 au 20 mai 2013

Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75191 Paris cedex 04 – Métro : Rambuteau, Hôtel de Ville, Châtelet, Les Halles

Ouvert du mercredi au lundi de 11h00 à 21h00. Nocturnes les jeudis jusqu’à 23h.
Fermeture tous les mardis

Mis en rayon par l’épicier Xavier Landrit.

 

Partager/Marquer

Commentaires

Votre Email ne sera pas publié.